A.P.A.C.H.
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Buc, le 6 octobre 2022
Contribution A.P.A.C.H. à l’enquête publique portant sur l’AEU de la ZAC de Satory ouest
Impact sur le site classé, premiers aménagements et quartier « lisière »
L’aménagement de la ZAC de Satory ouest constituera un nouveau quartier de Versailles qui va avoir un impact très important sur le site classé de la vallée de la Bièvre qu’il surplombe mais également sur Buc avec ses 4 à 5 000 nouveaux logements, ses 2 à 300 000 m² d’activité économique (R&D et tertiaire mais pas de déchetterie, de dépôt de bus ni d’activités polluantes comme une centrale à béton ou activités de logistique avec des camions de 30 tonnes pour 17m50, réservés à Buc !) et ses 13 000 emplois (source EPAPS). Le tout sur 236 ha dont la configuration va être complètement bouleversée, changeant la donne pour l’accès des communes du sud (dont Buc) à la RN12 par la RD91 transformée en boulevard urbain.
Le maire de Versailles, qui est également président de la communauté de Versailles Grand Parc (signataire du CDT), s’était engagé verbalement à ce qu’aucune construction ne sorte de terre avant l’arrivée de la ligne 18 du métro Grand Paris et sa gare souterraine (on l’espère !) sur le plateau.
Tout l’aménagement de la lisière sud du plateau de Satory au-dessus des étangs du Val d’Or est cependant déjà finalisé aujourd’hui avec la pose de la première pierre de l’Ecole des Mines dans la dernière « dent-creuse» qui n’était pas bétonnée le long de la forêt, terminant ainsi un front bâti continu d’activités dans le quartier Marronniers au calme face au site classé.

Localisation école des mines en jaune
Le quartier Lisère de 700 logements devrait lui aussi voir le jour avant l’arrivée du métro. Ses habitants seront pris au piège dans la boucle de la RD91, dont ils subiront en direct le bruit permanent et dont ils ne pourront s’échapper que par le nord vers la partie urbaine du nouveau quartier.
Les bâtiments de ce quartier, en particulier ceux situés en bordure sud et est, vont avoir un impact très négatif sur le site classé en raison de la hauteur des bâtiments dont il n’est, à ce stade, pas vraiment prévu d’atténuer la vue par un renforcement boisé pour les masquer côté site classé.
Lors des diverses consultations, A.P.A.C.H. a toujours contesté les hauteurs pouvant atteindre jusqu’à 20m. Elles ne devraient pas excéder 9m en première ligne après le recul de 50m de la lisière boisée.
Dans un jugement du 19 mai 2005, le tribunal administratif de Versailles avait considéré qu'une
hauteur de 15m à l'égout ou au sommet de l'acrotère et 17,5m pour les édicules en terrasse, en lisière du site classé, était « de nature à porter atteinte au site classé de la vallée de la Bièvre ».
Le tribunal en avait conclu par une annulation partielle du PLU de Versailles.
Destruction des zones humides
Le projet détruit directement 9ha de zones humides et en impacte directement ou indirectement 19,4 ha (source Paris Saclay).
Les obligations qui sont désormais faites par le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) d’éviter les destructions avant d’envisager de les réduire ou, au pire, de les compenser, ont rendu les choses plus compliquées pour l’aménageur qui a malheureusement préféré aller rapidement à la compensation pour lui permettre de modifier le moins possible son projet d’origine.
Mais, au vu de la sévérité des mesures compensatoires désormais imposées (d’autant plus lorsqu’elles ne sont pas réalisées à proximité directe), les études et les démarches ont dû être multipliées pour arriver à ce qui est proposé aujourd’hui.
Une petite compensation est réalisée au Pré-Clos à Buc (monopolisant par la même occasion la possibilité pour la commune elle-même d’utiliser cette possibilité de compensation pour d’éventuels projets qui lui seraient propres) et la majorité du reste dans la plaine de Versailles.
Le « faux triangle » au sud est de la RD 91 et au sud du GIGN

Périmètre retenu dans le projet délimité en jaune
En zone naturelle et en espace boisé classé (EBC), cet espace ne fait pas partie de l'ouest du plateau. Il a néanmoins été intégré dans la zone concernée par la DUP de Satory ouest.
Zoné NF au PLU modifié de Versailles (pour les besoins du projet), sa surface protégée a été réduite.
Il est particulièrement important qu’un soin particulier soit apporté à cet espace pour créer un écran végétal suffisant dans le traitement paysager bordant le site classé de la vallée de la Bièvre, comme le prévoit d’ailleurs le PLU de Versailles.
D’une façon générale, le renforcement de la lisière boisée de la forêt domaniale côté vallée de la Bièvre doit être réalisé dans le périmètre non boisé aujourd’hui de la ZAC elle-même et non en forêt.
Nous avons à Buc, au-dessus du Pré Saint-Jean, un exemple suffisamment éloquent de l’impact sur le site de constructions trop hautes pour être masquées par la végétation et trop proches du versant, pour ne pas comprendre de quoi il s’agit.
Prise en compte de l’ensemble des nuisances sonores impactant le projet
Un nouveau circuit d'approche par le nord pour les hélicoptères de ou vers Toussus-Le-Noble est désormais opérationnel lorsque la BA107 de Villacoublay est fermée. Les nuisances sonores en découlant vont affecter directement les occupants des nouveaux aménagements.
Et il n’est pas acceptable de rapprocher l’itinéraire de ce circuit de Buc pour éviter Satory.
La présentation des capacités hélicoptères de l’armée de terre au début du mois d’octobre est également un grand moment pendant une semaine chaque année. Versailles en est épargné par une interdiction de vol au nord de la RN12 mais pas Satory.
Gestion des déchets
Au vu de l'apport très important de population et d'entreprises, l’évacuation des déchets va accroître de façon significative la circulation des poids lourds dans les communes voisines.
L’accès à la déchetterie intercommunale de Buc ne devrait, par exemple, pas être autorisé pour les occupants de ce nouveau quartier, en faveur de l’utilisation de la déchetterie de Bois d’Arcy (plus facilement atteignable par la RN12) ou de l’implantation d’une déchetterie de proximité sur place.
Maintien de l’aqueduc de Trappes
Le projet est longé au sud par l’aqueduc de Trappes qui faisait partie du réseau amenant l’eau du plateau depuis Bois-d’Arcy au château de Versailles pour alimenter les fontaines via les étangs Gobert.
Ce réseau a été mis à mal par les aménagements de Saint-Quentin en Yvelines avec la bénédiction de l’Etablissement Public de l’époque, en particulier pour Challenger de Bouygues à Guyancourt.
Une partie de ce réseau historique exceptionnel, en principe inaliénable ( !), existe toujours longeant le coteau vers la Bièvre.
Il doit être préservé pours son intérêt historique et en vue d’une éventuelle utilisation.
